
Filae et Geneanet occupent le terrain de la généalogie en ligne francophone depuis des années, mais leurs trajectoires divergent de plus en plus. Le rachat de Filae par MyHeritage, confirmé fin 2021, a progressivement modifié la nature même de la plateforme. Geneanet, de son côté, reste ancré dans un modèle collaboratif où les utilisateurs partagent arbres et relevés. Comparer ces deux outils suppose de dépasser la simple grille tarifaire pour examiner ce que chacun apporte concrètement à une recherche.
Modèle de données Filae et Geneanet : deux logiques d’indexation
La distinction la plus structurante entre les deux plateformes ne concerne ni l’interface ni le prix. Elle porte sur la provenance et le traitement des données.
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Filae a bâti sa réputation sur l’indexation nominative d’actes d’état civil numérisés. La plateforme propose des index permettant de retrouver directement un acte à partir d’un nom, d’un lieu ou d’une date. Ce travail d’indexation, en grande partie automatisé puis corrigé, couvre principalement les registres paroissiaux et d’état civil français.
Geneanet fonctionne sur un principe différent : les données proviennent majoritairement des utilisateurs eux-mêmes. Arbres en ligne, relevés réalisés par des associations ou des bénévoles, transcriptions d’actes partagés librement. La richesse de Geneanet dépend directement de la communauté qui l’alimente.
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Un généalogiste qui cherche à identifier les différences entre Filae et Geneanet devrait d’abord se demander quel type de source il privilégie : des index structurés rattachés à des images d’actes, ou un réseau de données partagées par des pairs.

Rachat par MyHeritage : ce qui change pour les utilisateurs de Filae
Depuis l’intégration progressive de Filae dans l’écosystème MyHeritage (à partir de 2023-2024), la plateforme n’est plus un acteur isolé. Les index Filae alimentent désormais aussi les résultats de MyHeritage, et les arbres peuvent être synchronisés entre les deux services.
Cette évolution a une conséquence directe. Un abonnement Filae donne potentiellement accès à des fonctionnalités internationales de MyHeritage (correspondances ADN, archives étrangères). En revanche, les retours terrain divergent sur le degré réel d’intégration au quotidien : certaines fonctions restent cloisonnées, et l’expérience utilisateur varie selon les formules d’abonnement.
Pour Geneanet, le rachat de Filae par MyHeritage a eu un autre effet. Plusieurs accords ou passerelles entre Filae et d’autres acteurs ont pris fin. La consultation des index Filae est recentrée sur Filae et MyHeritage, ce qui réduit les possibilités de croiser ces données depuis Geneanet.
Conséquence pour un débutant
Un généalogiste qui débute sans vouloir payer d’emblée trouvera sur Geneanet un accès gratuit à une large base collaborative. Filae propose aussi une consultation gratuite limitée, mais les résultats les plus utiles (images d’actes, index complets) nécessitent un abonnement payant.
Archives départementales, Filae et Geneanet : la vérification à la source
Ni Filae ni Geneanet ne remplacent les archives départementales. Les généalogistes expérimentés le répètent : tout acte trouvé en ligne doit être vérifié sur les registres numérisés des archives. Les erreurs d’indexation existent sur les deux plateformes, qu’elles soient dues à la lecture automatique (Filae) ou à la saisie humaine (Geneanet).
La stratégie la plus efficace, documentée par de nombreux retours d’utilisateurs, combine trois niveaux :
- Filae pour repérer rapidement un acte grâce à l’indexation nominative, notamment sur l’état civil du XIXe siècle
- Geneanet pour explorer les arbres partagés, identifier des branches collatérales ou trouver des relevés associatifs couvrant des périodes plus anciennes
- Les archives départementales en ligne pour consulter l’image originale de l’acte et corriger d’éventuelles erreurs de transcription
Cette approche en trois temps évite de dépendre d’une seule plateforme et limite le risque de propager une erreur dans son arbre.
Arbres en ligne et fichier GEDCOM : portabilité des données généalogiques
Les deux plateformes permettent de créer un arbre en ligne et de l’exporter au format GEDCOM, le standard d’échange en généalogie. Ce fichier (extension .ged) peut ensuite être importé dans un logiciel de bureau comme Ancestris, ou transféré d’un site à l’autre.
La portabilité des données reste un critère à ne pas négliger. Un arbre construit sur Filae peut être exporté vers Geneanet, et inversement. Mais le transfert n’est jamais parfait : certaines métadonnées, liens vers des sources ou notes peuvent se perdre dans la conversion.
Geneanet offre par ailleurs des fonctions collaboratives absentes de Filae. La possibilité de signaler des erreurs dans l’arbre d’un autre utilisateur, de proposer des fusions de fiches ou de participer à des projets d’indexation collective crée un écosystème participatif. Filae reste davantage orienté vers la consultation individuelle de données centralisées.

Quel site de généalogie choisir selon votre profil de recherche
Le choix entre Filae et Geneanet dépend moins d’un classement objectif que du type de recherche mené.
- Pour des recherches ciblées sur l’état civil français (naissances, mariages, décès), Filae offre un accès plus direct grâce à ses index structurés
- Pour remonter au-delà du XIXe siècle ou explorer des branches dans des zones moins bien couvertes par l’indexation automatique, Geneanet et ses relevés associatifs prennent l’avantage
- Pour une démarche internationale ou un intérêt pour les correspondances ADN, l’adossement de Filae à MyHeritage apporte une dimension supplémentaire
- Pour un usage gratuit et communautaire, Geneanet reste la plateforme la plus accessible sans abonnement
Les données disponibles ne permettent pas de désigner un « meilleur » site de généalogie dans l’absolu. Les deux plateformes couvrent des besoins différents, et les généalogistes les plus avancés utilisent généralement les deux en parallèle, en vérifiant systématiquement aux archives départementales. Le vrai piège serait de se limiter à une seule source et de considérer ses données comme définitives.